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Commandement de Payer Huissier : Vos Droits et Que Faire ?

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Vous venez de recevoir un document d’un huissier et le mot « commandement de payer » vous inquiète ? Vous vous demandez ce que cela signifie, quels sont vos droits et, surtout, ce que vous devez faire maintenant ? Vous craignez une saisie ?

Cet article vous donne un plan d’action clair. Vous y trouverez les délais à respecter, vos droits et les options concrètes pour gérer un commandement de payer par huissier. Des solutions existent si vous agissez vite.

La Procédure et les Délais Clés : Tableau Récapitulatif

Pour comprendre la situation rapidement, voici un résumé des étapes et des délais importants. Chaque cas est différent, mais cela vous donne une idée claire de la procédure.

Étape de la procédure Description de l’étape Délai critique à respecter
Signification de l’acte Le commissaire de justice (huissier) vous remet le commandement de payer en main propre ou à votre domicile. C’est le point de départ. Le délai commence à cette date.
Délai de paiement / contestation C’est la période que vous avez pour régler la dette ou pour contester l’acte devant le tribunal. 8 jours pour la plupart des dettes. 2 mois pour les loyers impayés.
Publication de l’acte Dans le cas d’une saisie immobilière, l’acte est publié au service de la publicité foncière. Votre bien ne peut plus être vendu. Dans les 2 mois qui suivent la signification.
Assignation au tribunal Si vous ne payez pas, le créancier peut vous assigner devant le juge de l’exécution pour lancer la procédure de saisie. Variable, mais l’action se poursuit après le délai initial.
Audience d’orientation Pour une saisie immobilière, cette audience fixe les modalités de la procédure : vente amiable ou vente forcée (enchères). Date fixée par le tribunal.

Qu’est-ce qu’un Commandement de Payer ? Définition

Un commandement de payer est un acte officiel délivré par un commissaire de justice (le nouveau nom de l’huissier). Il ne s’agit pas d’une simple lettre de relance. Cet acte vous ordonne de régler une dette dans un délai précis. C’est la dernière étape avant le lancement d’une procédure de saisie de vos biens.

Pour qu’un commissaire de justice puisse vous envoyer ce document, votre créancier doit posséder un titre exécutoire. Sans ce titre, le commandement n’est pas valable. Un titre exécutoire peut être :

  • Une décision de justice (un jugement du tribunal).
  • Un acte notarié (comme un prêt immobilier ou une reconnaissance de dette signée chez un notaire).
  • Un chèque sans provision après l’obtention d’un certificat par l’huissier.

Point important : La dette doit être « certaine, liquide et exigible ». En clair, elle doit être incontestable, d’un montant précis et arrivée à échéance. Si l’un de ces trois points n’est pas respecté, vous avez une base pour contester.

Comment Vérifier la Validité de l’Acte ? Les 6 Mentions Obligatoires

Pour être valable, le document que vous avez reçu doit contenir plusieurs mentions obligatoires. Si l’une d’elles manque, vous pouvez le contester pour vice de forme. Prenez le temps de vérifier point par point.

  • Le titre exécutoire : L’acte doit préciser sur la base de quel document il est émis (par exemple, « en vertu du jugement rendu par le tribunal de X le… »).
  • Le décompte de la dette : Le montant doit être détaillé. Il faut distinguer le capital de la dette, les intérêts et les frais déjà engagés.
  • Le délai pour payer : L’acte doit vous informer clairement que vous avez 8 jours pour régler votre dette (ou 2 mois pour des loyers impayés).
  • L’avertissement de saisie : Il doit être écrit que si vous ne payez pas dans le délai, vos biens (mobiliers ou immobiliers) pourront être saisis et vendus.
  • La possibilité de saisir le FSL (pour les loyers) : Si le commandement concerne une dette de loyer, il doit mentionner que vous pouvez saisir le Fonds de Solidarité pour le Logement pour obtenir de l’aide.
  • La possibilité de demander un délai de grâce : L’acte doit vous informer que vous pouvez saisir le juge pour obtenir des délais de paiement.

Quelles sont les Conséquences d’un Non-Paiement ?

Si vous ne faites rien après avoir reçu un commandement de payer (ni paiement, ni négociation, ni contestation), le créancier peut demander au commissaire de justice de lancer les procédures de saisie. Les conséquences peuvent être sérieuses et il est important de les connaître.

La saisie des biens mobiliers

C’est ce qu’on appelle la saisie-vente. Le commissaire de justice peut venir à votre domicile pour faire l’inventaire de vos biens de valeur (meubles, télévision, voiture, etc.). Ces biens peuvent ensuite être vendus aux enchères pour rembourser votre créancier.

La saisie sur compte bancaire

Le commissaire de justice peut bloquer la somme due directement sur votre ou vos comptes bancaires. C’est une saisie-attribution. La banque a l’obligation de laisser une somme minimale sur votre compte, appelée le solde bancaire insaisissable (SBI).

La saisie des salaires

Une partie de votre salaire peut être prélevée directement à la source par votre employeur, qui la verse au commissaire de justice. Le montant saisi dépend de vos revenus et de votre situation familiale.

Le cas de la saisie immobilière

C’est la conséquence la plus grave. Si la dette est importante (souvent liée à un crédit immobilier), le créancier peut demander la saisie de votre maison ou appartement. La procédure aboutit généralement à une vente aux enchères du bien pour régler la dette.

Que Faire Après Réception ? Vos 4 Options et Recours

Vous avez reçu l’acte. Ne l’ignorez surtout pas. Le temps est compté, mais vous avez des options. Voici vos quatre principales possibilités pour réagir de manière constructive.

Option 1 : Payer la dette

Si vous êtes en mesure de le faire et que la dette est justifiée, la solution la plus simple est de régler la somme due dans le délai imparti. Contactez le commissaire de justice pour connaître les modalités de paiement. Cela mettra fin à la procédure et aux frais supplémentaires.

Option 2 : Négocier un plan d’apurement (échéancier)

Vous ne pouvez pas tout payer d’un coup ? Contactez immédiatement le commissaire de justice. Son rôle est aussi de trouver un accord amiable. Proposez un échéancier de paiement réaliste. Si le créancier accepte, cet accord suspendra la procédure tant que vous respectez les versements.

Conseil pratique : Faites votre proposition par écrit (lettre recommandée ou email) pour garder une trace. Montrez votre bonne foi en expliquant votre situation financière et en proposant des mensualités que vous êtes sûr de pouvoir tenir.

Option 3 : Demander des délais de paiement au juge

Si la négociation échoue, vous pouvez demander au juge des délais de grâce. Vous devez saisir le juge de l’exécution (JEX) du tribunal judiciaire de votre domicile. Vous devrez prouver que vous avez des difficultés financières passagères mais que vous êtes en capacité de régler votre dette à terme. Le juge peut vous accorder un délai allant jusqu’à 24 mois.

Option 4 : Contester le commandement de payer

Si vous estimez que la dette n’est pas due, que son montant est incorrect ou que l’acte comporte un vice de forme (une mention obligatoire manquante), vous pouvez le contester. Pour cela, il faut saisir le juge de l’exécution (JEX). Attention, cette action doit être faite dans le délai de 8 jours (ou 2 mois pour les loyers). Il est fortement recommandé de se faire aider par un avocat pour cette procédure.

Qui Paie les Frais d’Huissier liés au Commandement de Payer ?

C’est une question fréquente. La règle est simple : en général, les frais d’huissier liés au commandement de payer sont à la charge du débiteur, c’est-à-dire la personne qui doit de l’argent. Ces frais s’ajoutent à la somme que vous devez déjà.

Le montant de ces frais n’est pas libre. Il est réglementé par la loi et dépend de la nature et du montant de la dette. Le commissaire de justice ne peut pas vous facturer ce qu’il veut. Si vous réglez votre dette rapidement, vous éviterez que d’autres frais (liés à la saisie) ne viennent s’ajouter.

FAQ – Commandement de Payer

Un commandement de payer est-il obligatoire avant une saisie ?

Oui, dans la majorité des cas. Pour une saisie-vente (biens mobiliers) ou une saisie immobilière, la loi impose de signifier un commandement de payer au débiteur au préalable. C’est une étape légale indispensable qui vous donne une dernière chance de régler la situation avant la saisie.

Quelle est la durée de validité de l’acte ?

Le commandement de payer en lui-même ne « périme » pas. Sa validité est liée à celle du titre exécutoire sur lequel il se base. Un jugement, par exemple, est valable 10 ans. Le commandement de payer est l’acte qui lance l’exécution de ce jugement. Le plus important est le délai pour agir qui est très court (8 jours ou 2 mois).

Quelle est la différence entre une injonction et un commandement de payer ?

Une injonction de payer est une décision judiciaire obtenue par le créancier pour faire reconnaître sa créance. C’est une procédure rapide pour les petites dettes non contestées. Le commandement de payer, lui, est l’acte d’un commissaire de justice qui se base sur cette injonction (ou un autre titre exécutoire) pour vous forcer à payer, juste avant la saisie.

Puis-je vendre mon bien après un commandement de payer ?

Cela dépend. S’il s’agit d’un simple commandement de payer, oui. Mais s’il s’agit d’un commandement de payer valant saisie immobilière, qui a été publié au service de la publicité foncière, alors non. À partir de ce moment, votre bien est « gelé » et vous ne pouvez plus le vendre de votre propre chef. La seule issue sera la vente amiable contrôlée par le juge ou la vente forcée aux enchères.

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